SANTE Compte-rendus

Genre, territoire et santé

Compte rendu de la journée du 17 janvier 2014

[:fr]Cette journée a été organisée à Paris le 17 janvier 2014, sur le campus Paris Diderot, dans le cadre du sous-axe Santé et inscription territoriale des populations / Territoires et santé.

Son organisation a été motivée par une série de constats : de plus en plus de travaux de géographes ou de sociologues démontrent l’importance des inégalités entre hommes et femmes en termes d’occupation ou d’appropriation des espaces et d’accès aux pouvoirs et aux ressources. De plus, de nombreuses recherches en santé publique documentent également les inégalités entre hommes et femmes en termes de mortalité, de morbidité et plus généralement de comportements et représentations de santé. Cependant, peu d’études se donnent aujourd’hui comme objectif d’interroger les constructions sociales et territoriales de genre qui participent à ces disparités de santé.
Cette journée de séminaire a permis d’interroger l’imbrication des trois notions de « genre », « territoire » et « santé » à partir de réflexions de chercheurs issus de différentes disciplines (géographie, sociologie, épidémiologie, etc.).

En début de matinée le cadrage théorique réalisée par Claire Hancock (géographe, Université Paris-Est Créteil) et Pierre Aïach (sociologue, INSERM, IRIS-EHESS) a mis l’accent sur les similitudes entre les trois concepts en ce qu’ils sont traversés par des enjeux politiques et sociaux majeurs, mais aussi souvent essentialisés, ce qu’il convient de dépasser. La complexité de penser cette articulation a également été mise en relief, du fait même de la richesse de chacune de ces notions. Claire Hancock a souligné le danger de limiter l’approche par le genre à un binarisme homme/femme tout comme le risque d’oublier les enjeux sociaux dans la démarche de spatialisation des questions de santé. Selon elle, la notion d’égalité permet de dépasser le cloisonnement entre ces différentes catégories et de penser les différences entre les personnes en termes d’injustices. Pierre Aïach a également souligné le risque d’une approche strictement géographique (territoriale), qui mettrait de côté les enjeux et dynamiques sociales qui la sous-tendent.

La journée s’est poursuivie avec la présentation de travaux de six jeunes chercheur(e)s de différents champs disciplinaires dont les études de cas portent aussi bien sur les pays du Nord que sur ceux du Sud.
Dans le cadre d’une 1re session, intitulée « Représentations masculines et féminines du territoire en lien avec la santé », Alice Denoyel (doctorante et ATER, géographie de la santé, Université Jean Moulin Lyon 3) a tout d’abord présenté une réflexion sur la question du genre dans les études portant sur les médecins et leur localisation géographique. Arnaud Alessandrin (ATER, sociologie, Université Bordeaux-Segalen, Centre Émile Durkheim) a ensuite présenté des éléments de réflexion et une analyse bibliographique sur la construction d’une géographie des transidentités.
Au cours de la 2e session intitulée « Environnement de vie : le territoire comme support de la santé des hommes et des femmes », Emmanuelle Faure (doctorante, géographie de la santé, Paris-Ouest Nanterre la Défense) a présenté un travail portant sur le rôle du territoire comme facteur de la mobilisation différenciée des femmes et des hommes en santé préventive au travers de la comparaison de deux quartiers de Boulogne-Billancourt. Anna Roudot (doctorante, géographie de la santé, Paris-Ouest Nanterre la Défense) a, quant à elle, exposé les résultats d’une recherche dans un quartier de Saint-Louis du Sénégal sur l’articulation entre genre et parcours de soins.
Enfin, dans le cadre de la 3e session, « Mobilités, accessibilité et recours aux soins : des pratiques spatiales féminines et masculines ? », Brigitte Nader (géographe, chercheuse associée au Lab’Urba) a présenté deux études sur les pratiques spatiales des hommes et des femmes de 75 ans et plus en région parisienne, à partir de cartes mentales. Pour finir, Mickael Blanchet (post-doctorant, géographie, ESO / Université d’Angers) a clôt cette session avec une étude sur la mortalité prématurée masculine dans les campagnes de l’Ouest de la France.

En guise de conclusion, France Guérin-Pace (géographe, INED – CIST) et Mounira Meihiri (chargée de mission santé et lien social, Mairie de Paris) ont fait une synthèse des enseignements de la journée et ont évoqué quelles pourraient être les perspectives pour la recherche et pour l’action de cette réflexion sur « genre, territoire et santé » : la production nécessaire de recherches sur des groupes mixtes, même si cela concerne plus spécifiquement les femmes ; l’introduction de la notion de genre dans l’action territoriale, car celle-ci est trop rarement présente, etc.

Cette journée a réuni 41 participant(e)s d’horizons divers (chercheurs, universitaires, acteurs territoriaux, professionnels de santé, etc.) et fut nourrie de nombreux échanges et débats.

Équipe d’organisation

Audrey Bochaton (Mosaïques LAVUE / Université Paris-Ouest Nanterre la Défense)
Alice Denoyel (Environnement, Ville et Société / Université Jean Moulin-Lyon 3)
Emmanuelle Faure (Mosaïques LAVUE / Université Paris-Ouest Nanterre la Défense)
Clélia Gasquet-Blanchard (ESO / EHESP – Sorbonne Paris Cité)
Sandrine Halfen (Observatoire régional de santé d’Île-de-France)

En savoir plus

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[/list][:en]Cette journée a été organisée à Paris le 17 janvier 2014, sur le campus Paris Diderot, dans le cadre du sous-axe Santé et inscription territoriale des populations / Territoires et santé.

Son organisation a été motivée par une série de constats : de plus en plus de travaux de géographes ou de sociologues démontrent l’importance des inégalités entre hommes et femmes en termes d’occupation ou d’appropriation des espaces et d’accès aux pouvoirs et aux ressources. De plus, de nombreuses recherches en santé publique documentent également les inégalités entre hommes et femmes en termes de mortalité, de morbidité et plus généralement de comportements et représentations de santé. Cependant, peu d’études se donnent aujourd’hui comme objectif d’interroger les constructions sociales et territoriales de genre qui participent à ces disparités de santé.
Cette journée de séminaire a permis d’interroger l’imbrication des trois notions de « genre », « territoire » et « santé » à partir de réflexions de chercheurs issus de différentes disciplines (géographie, sociologie, épidémiologie, etc.).

En début de matinée le cadrage théorique réalisée par Claire Hancock (géographe, Université Paris-Est Créteil) et Pierre Aïach (sociologue, INSERM, IRIS-EHESS) a mis l’accent sur les similitudes entre les trois concepts en ce qu’ils sont traversés par des enjeux politiques et sociaux majeurs, mais aussi souvent essentialisés, ce qu’il convient de dépasser. La complexité de penser cette articulation a également été mise en relief, du fait même de la richesse de chacune de ces notions. Claire Hancock a souligné le danger de limiter l’approche par le genre à un binarisme homme/femme tout comme le risque d’oublier les enjeux sociaux dans la démarche de spatialisation des questions de santé. Selon elle, la notion d’égalité permet de dépasser le cloisonnement entre ces différentes catégories et de penser les différences entre les personnes en termes d’injustices. Pierre Aïach a également souligné le risque d’une approche strictement géographique (territoriale), qui mettrait de côté les enjeux et dynamiques sociales qui la sous-tendent.

La journée s’est poursuivie avec la présentation de travaux de six jeunes chercheur(e)s de différents champs disciplinaires dont les études de cas portent aussi bien sur les pays du Nord que sur ceux du Sud.
Dans le cadre d’une 1re session, intitulée « Représentations masculines et féminines du territoire en lien avec la santé », Alice Denoyel (doctorante et ATER, géographie de la santé, Université Jean Moulin Lyon 3) a tout d’abord présenté une réflexion sur la question du genre dans les études portant sur les médecins et leur localisation géographique. Arnaud Alessandrin (ATER, sociologie, Université Bordeaux-Segalen, Centre Émile Durkheim) a ensuite présenté des éléments de réflexion et une analyse bibliographique sur la construction d’une géographie des transidentités.
Au cours de la 2e session intitulée « Environnement de vie : le territoire comme support de la santé des hommes et des femmes », Emmanuelle Faure (doctorante, géographie de la santé, Paris-Ouest Nanterre la Défense) a présenté un travail portant sur le rôle du territoire comme facteur de la mobilisation différenciée des femmes et des hommes en santé préventive au travers de la comparaison de deux quartiers de Boulogne-Billancourt. Anna Roudot (doctorante, géographie de la santé, Paris-Ouest Nanterre la Défense) a, quant à elle, exposé les résultats d’une recherche dans un quartier de Saint-Louis du Sénégal sur l’articulation entre genre et parcours de soins.
Enfin, dans le cadre de la 3e session, « Mobilités, accessibilité et recours aux soins : des pratiques spatiales féminines et masculines ? », Brigitte Nader (géographe, chercheuse associée au Lab’Urba) a présenté deux études sur les pratiques spatiales des hommes et des femmes de 75 ans et plus en région parisienne, à partir de cartes mentales. Pour finir, Mickael Blanchet (post-doctorant, géographie, ESO / Université d’Angers) a clôt cette session avec une étude sur la mortalité prématurée masculine dans les campagnes de l’Ouest de la France.

En guise de conclusion, France Guérin-Pace (géographe, INED – CIST) et Mounira Meihiri (chargée de mission santé et lien social, Mairie de Paris) ont fait une synthèse des enseignements de la journée et ont évoqué quelles pourraient être les perspectives pour la recherche et pour l’action de cette réflexion sur « genre, territoire et santé » : la production nécessaire de recherches sur des groupes mixtes, même si cela concerne plus spécifiquement les femmes ; l’introduction de la notion de genre dans l’action territoriale, car celle-ci est trop rarement présente, etc.

Cette journée a réuni 41 participant(e)s d’horizons divers (chercheurs, universitaires, acteurs territoriaux, professionnels de santé, etc.) et fut nourrie de nombreux échanges et débats.

Équipe d’organisation

Audrey Bochaton (Mosaïques LAVUE / Université Paris-Ouest Nanterre la Défense)
Alice Denoyel (Environnement, Ville et Société / Université Jean Moulin-Lyon 3)
Emmanuelle Faure (Mosaïques LAVUE / Université Paris-Ouest Nanterre la Défense)
Clélia Gasquet-Blanchard (ESO / EHESP – Sorbonne Paris Cité)
Sandrine Halfen (Observatoire régional de santé d’Île-de-France)

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