[:fr]Appels à contributions – Rapports à l’espace et formes d’engagement. Ancrage, attachement, territorialisation[:en]Call for articles – Relations to space and forms of involvement. Rootedness, attachment, territorialisation[:]

Date limite
31 mai 2019



[:fr]

Les articles sélectionnés paraîtront dans le n° 39 (2019) de la revue L’Espace politique

Coordinateur.rice.s du numéro

Patrice Melé (CITERES, Tours University, CNRS)
Catherine Neveu (IIAC, CNRS EHESS)

L’objectif de ce numéro de L’Espace politique est d’analyser la place qu’occupe la question des rapports à l’espace des individus et des groupes au sein des travaux sur les mobilisations locales, sur les conflits de proximité, sur les modalités d’engagement territorialisées.
A un premier niveau d’analyse, il est possible d’identifier la prégnance des références à « l’identité » de groupes qui seraient caractérisés par une certaine forme de localisation ou d’appropriation de lieux, d’espaces ou de territoires. Les notions d’appartenance, d’enracinement, d’ancrage, d’attachement cherchent à rendre compte des qualités de la relation des individus ou des groupes à des lieux et à des espaces. La recherche urbaine est ainsi marquée par les références aux rôles du « quartier » (Authier, Bacqué, Guérin-Pace, 2007) et par des débats sur le poids des « communautés locales ». Ces modalités de relations à l’espace sont considérées comme des supports de mobilisation (Sébastien, 2016) comme des ressources à la disposition des acteur.es – cf. la notion de capital d’autochtonie (Retière, 2003) – , comme des éléments explicatifs du déclenchement de conflits contre des projets affectant les usages ou les modalités d’appropriation d’un espace ou alors, dans d’autres cas, comme des refuges.
Certes les critiques portées sur le vocabulaire de l’enracinement, de l’identité ou de l’ancrage sont nombreuses (Debarbieux, 2014), certaines évoquent la notion plus processuelle d’identification à des groupes ou des espaces. Les recherches qui se focalisent sur les effets des conflits mettent en évidence ce qui est produit ou modifié dans le cadre des mobilisations et identifient de nouvelles formes de territorialisation (Melé, 2013). D’autres conceptions conduisent à penser les mobilisations et les engagements comme des réseaux multi-niveaux (Neveu, 2013) et les sous-espaces locaux comme des milieux, comme des contextes,
permettant d’amplifier, de relayer, de relocaliser une cause (Chateauraynaud, 2011). D’autres encore problématisent la diversité des configurations entre formes d’attachement et formes d’engagement (Sencébé, 2004). Mais tout semble se passer comme si une grande partie des études sur des formes locales de mobilisation ou d’engagement tendait à présupposer ou à identifier l’existence de groupes localisés ou territorialisés constitués en acteur collectif ou à considérer les conflits locaux comme des traductions protestataires des attachements aux lieux (Dechezelles, Olive, 2016).
Paradoxalement, alors que les nombreuses études de cas montrent que c’est souvent face à une menace que des groupes se constituent sur une base locale pour protéger leur espace de vie et mettent en place des stratégies d’appropriation et de valorisation, peu de travaux remettent en cause la croyance à l’existence d’un lien de causalité entre territorialisation des expériences spatiales et mobilisations. Malgré de nombreuses enquêtes sur les pratiques urbaines qui concluent à la construction d’une expérience urbaine en réseau ou qui s’intéressent aux dimensions spatiales des mobilisations (Ripoll et Tissot, 2010), peu de chercheur.e.s effectuent un lien entre ce type de pratiques et les formes d’engagement – en particulier pour les milieux populaires – à l’exception notable de recherches traitant de l’expérience des migrant.e.s dans les métropoles (Boudreau, Boucher, Liguori, 2009) ou de l’analyse de modalités d’engagement transnationales (Lardeux, 2018).
Dans ce contexte, l’objectif de ce numéro est de réunir des travaux questionnant de différentes manières les notions d’ancrage, d’attachement, d’autochtonie et/ou proposant des modalités alternatives de saisir les rapports entre expériences de l’espace et formes d’engagement et de mobilisation.
Les travaux proposés pourront traiter de différentes formes d’engagement liées aux questions sociales, urbaines, environnementales ou patrimoniales. En première analyse nous avons identifié quatre axes de discussion entre les articles qui seront réunis dans le numéro :
– Comment penser les relations entre dynamiques socio-spatiales – mutations des modes d’habiter et des mobilités – et transformations des modalités d’engagement ?
– Comment saisir à la fois les effets des mobilisations sur les rapports à l’espace et le temps long des constructions territoriales ?
– Comment penser la place de l’espace dans le cadre de mobilisations multi-échelles, de mobilisations ancrées à la fois internationalement et localement ?
– Comment saisir les rapports entre, d’une part, les stratégies de « montée en généralité » de certains groupes locaux mobilisés, d’autre part, les tentatives de « montée en particularité » de militant.e.s qui tentent d’ancrer une cause dans un espace et, enfin, les nouvelles formes de construction de « communs » territorialisés ?

Instructions aux auteur.e.s

Les articles proposés (entre 40 000 et 60 000 signes) sont attendus pour 1 juin 2019.

Pour la bonne organisation de la procédure d’évaluation, merci d’informer le plus rapidement possible les responsables du dossier de votre intention de réponse à cet appel (transmettre un titre provisoire et un petit résumé).
Merci de respecter les instructions de la revue et d’anonymiser complètement votre article (références à des travaux antérieurs, figures, cartes, etc.).

Bibliographie

AUTHIER, J.-Y., BACQUÉ, M.-H., GUÉRIN-PACE, F., 2007, Le quartier, Paris, La Découverte.
BOUDREAU, J., BOUCHER, N., LIGUORI, M., 2009, « Taking the bus daily and demonstrating on Sunday: Reflections on the formation of political subjectivity in an urban world », City, vol. 13, n° 2-3, p. 336-346.
CHATEAURAYNAUD, F., 2011, Argumenter dans un champ de forces, essai de balistique sociologique, Petra.
DEBARBIEUX, B., 2014, « Enracinement – Ancrage – Amarrage : raviver les métaphores », L’Espace géographique, vol. 43, n° 1, p. 68-80.
DECHEZELLES, S., OLIVE, M., 2016, « Introduction. Lieux familiers, lieux disputés – dynamiques des mobilisations localisées », Norois, vol. 238-239, n° 1-2, p. 7-21.
LARDEUX, L., 2018, « Engagement transnational des descendants d’immigrés : carrières militantes et “rapport aux origines” », Cultures & Conflits, vol. 109, n° 1, p. 61-82.
MELÉ, P. (Éd.), 2013, Conflits de proximité et dynamiques urbaines, Rennes, France, PUR.
NEVEU, C. , 2013, « Sites of citizenship, politics of scale », in W. Maas (dir.), Multilevel Citizenship, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, p. 203-212.
RETIÈRE, J.-N., 2003, « Autour de l’autochtonie. Réflexions sur la notion de capital social populaire », Politix, vol. 63, n° 3, p. 121-143.
RIPOLL, F. et TISSOT, S., 2010, « La dimension spatiale des ressources sociales », Regards sociologiques, n° 40, p. 5-7.
SÉBASTIEN, L., 2016, « L’attachement au lieu, vecteur de mobilisation collective ? Étude de cinq territoires ruraux », Norois, vol. 238-239, n° 1-2, p. 23-41.
SENCEBE, Y., 2004, « Etre ici, être d’ici. Formes d’appartenance dans le Diois », Ethnologie française, vol. 34, n° 1, pp. 23-29.

En savoir plus

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The selected articles will be published in n. 39 (2019) of the journal L’Espace politique

Coordinators of the issue

Patrice Melé (CITERES, Tours University-CNRS)
Catherine Neveu (IIAC, CNRS-EHESS)

The aim of this issue of L’Espace politique is to analyse how the question of the relations to space developed by individuals and groups is explored within research dealing with local mobilisations, proximity conflicts or territorialised forms of involvement.
At first sight, it is possible to identify the pervasiveness of references to the “identity” of groups that would thus be characterised by a certain form of localisation or of appropriation of places, spaces and territories. Notions of belonging, rootedness, and attachment are then used to account for the qualities of the relation individuals or groups entertain with places and spaces. Urban research has been characterised by references to the roles of “the neighbourhood” (Authier, Bacqué, Guérin-Pace, 2007) and by debates about the strength of “local communities”. Such ways to relate to space are considered as supports for mobilisation (Sébastien, 2016); as resources available for actors –see for instance the notion of “autochthony capital” (Retière, 2003)-; as explanatory elements for launching opposition to projects affecting uses or modes of appropriation of a given space; or in other cases as shelters.
Indeed the vocabulary of rootedness or identity has been the object of a series of criticism (Debarbieux, 2014), and some refer to the more processual notion of identification to groups or spaces. Research exploring the effects of conflicts highlights that which is produced or modified by mobilisations, and identifies new forms of territorialisation (Melé, 2013). Other conceptions lead to consider mobilisations and involvements as multi-level networks (Neveu, 2013) and local spaces as milieux, as contexts, allowing to amplify, relay and relocalise a cause (Chateauraynaud, 2011). Yet others problematize the diverse configurations connecting forms of attachment and forms of involvement (Sencébé, 2004). But one nevertheless remains with the feeling that a large part of research on local forms of mobilisation or involvement tends to presuppose or identify the existence of localised or territorialised groups considered as collective actors; or to consider local conflicts as expostulary translations of attachments to places (Dechezelles, Olive, 2016).
Numerous case studies have shown that it is often when confronted to a threat that groups constitute themselves on a local basis in order to protect their life space, and develop strategies of appropriation and promotion. Yet paradoxically very few research questions the belief in the existence of a causal relation between the territorialisation of spatial experiences and mobilisations. Despite many research on urban practices highlighting the building of a networking urban experience, or analysing the spatial dimensions of mobilisations (Ripoll, Tissot, 2010), very few researchers establish a connection between such practices and forms of mobilisations -in particular in regards with working-class groups- with the notable exception of research dealing with the experience of migrants in metropolis (Boudreau, Boucher, Liguori, 2009) or analysing transnational forms of involvement (Lardeux, 2018).
In such a context, the aim of this issue will be to gather research questioning in different ways notions of rootedness, attachment, autochthony and/or proposing alternative manners to grasp the relations between space and forms of mobilisation and involvement.

Proposed papers can deal with different forms of involvement on social, urban, environmental or patrimonial issues. Four themes of discussion between papers have been identified so far:
– How can we think relations between socio-spatial dynamics –mutations of modes of living/inhabiting and of mobilities- and transformations of forms of involvement?
– How can we grasp both the effects of mobilisations on relations to space, and the long-term process of territorial building?
– How can we think the place of space within multi-level mobilisations, or within mobilisations rooted both internationally and locally?
– How can we grasp the relations between on the one hand, strategies of “climbing in generality” developed by certain mobilised local groups; and on the other attempts to “climb in particularity” by activists trying to anchor a cause in a space; as well as new ways to build territorialised “commons”?

Instructions to authors

The proposed articles (40,000 to 60,000 characters) are to be sent by June the 1st 2019.

In order for the peer review process to be organised correctly, please inform the persons in charge of the special issue as soon as possible of your intention to submit a paper, by sending them a provisional title and short abstract.
Please respect the journal’s instructions and send also a fully anonymised version of your article (references to previous publications, maps…).

Bibliography

AUTHIER, J.-Y., BACQUÉ, M.-H., GUÉRIN-PACE, F., 2007, Le quartier, Paris, La Découverte.
BOUDREAU, J., BOUCHER, N., LIGUORI, M., 2009, « Taking the bus daily and demonstrating on Sunday: Reflections on the formation of political subjectivity in an urban world », City, vol. 13, n° 2-3, p. 336-346.
CHATEAURAYNAUD, F., 2011, Argumenter dans un champ de forces, essai de balistique sociologique, Petra.
DEBARBIEUX, B., 2014, « Enracinement – Ancrage – Amarrage : raviver les métaphores », L’Espace géographique, vol. 43, n° 1, p. 68-80.
DECHEZELLES, S., OLIVE, M., 2016, « Introduction. Lieux familiers, lieux disputés – dynamiques des mobilisations localisées », Norois, vol. 238-239, n° 1-2, p. 7-21.
LARDEUX, L., 2018, « Engagement transnational des descendants d’immigrés : carrières militantes et “rapport aux origines” », Cultures & Conflits, vol. 109, n° 1, p. 61-82.
MELÉ, P. (Éd.), 2013, Conflits de proximité et dynamiques urbaines, Rennes, France, PUR.
NEVEU, C. , 2013, « Sites of citizenship, politics of scale », in W. Maas (dir.), Multilevel Citizenship, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, p. 203-212.
RETIÈRE, J.-N., 2003, « Autour de l’autochtonie. Réflexions sur la notion de capital social populaire », Politix, vol. 63, n° 3, p. 121-143.
RIPOLL, F. et TISSOT, S., 2010, « La dimension spatiale des ressources sociales », Regards sociologiques, n° 40, p. 5-7.
SÉBASTIEN, L., 2016, « L’attachement au lieu, vecteur de mobilisation collective ? Étude de cinq territoires ruraux », Norois, vol. 238-239, n° 1-2, p. 23-41.
SENCEBE, Y., 2004, « Etre ici, être d’ici. Formes d’appartenance dans le Diois », Ethnologie française, vol. 34, n° 1, pp. 23-29.

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